Dakar 2026 : Loeb, Al-Attiyah, Peterhansel et une Dacia qui rebat les cartes

Il y a des éditions du Dakar qui passent, et d’autres qui marquent. Celle de 2026 restera clairement dans la deuxième catégorie. Entre un tracé taillé pour faire mal, un scénario qui a basculé à trois étapes de l’arrivée, et une écurie qu’on n’attendait pas si haut si vite, on a eu droit à un vrai spectacle. Franchement, ça faisait longtemps qu’un rallye-raid n’avait pas offert autant de rebondissements.

Un parcours pensé pour épuiser

Les organisateurs avaient prévenu dès la présentation : cette édition serait plus dure que la précédente. Ils n’ont pas menti. Le tracé traversait des zones du sud saoudien réputées pour leur sable mou, avec plusieurs étapes marathon où les équipages ne pouvaient plus compter sur l’assistance. Le genre de format qui punit la moindre erreur mécanique.

Le résultat sur le terrain, c’est un classement qui a bougé quasiment tous les jours. Aucun favori n’a pu contrôler son avance plus de 48 heures d’affilée, et ça, c’est plutôt rare dans un Dakar moderne où on assiste souvent à un match de gestion sur la deuxième semaine.

Le trio de tête, cru 2026

Trois noms, trois générations, trois approches. Sébastien Loeb, toujours aussi rapide en spéciale pure. Nasser Al-Attiyah, le tacticien qui gère chaque mètre de dune comme s’il l’avait dessinée. Et Stéphane Peterhansel, le patron historique de l’épreuve, qui prouve qu’à cinquante ans passés on peut encore tenir la dragée haute aux plus jeunes.

Illustration - Dakar 2026 : Loeb, Al-Attiyah, Peterhansel et une Dacia qui rebat les cartes

Le truc c’est que cette hiérarchie a explosé en vol dès la première semaine. Peterhansel a lâché du temps sur une navigation ratée, Al-Attiyah s’est retrouvé bloqué derrière un concurrent lent dans un canyon, et Loeb… on va y venir.

La 8e étape, le début des ennuis pour Loeb

Jusqu’à la 8e spéciale, Loeb était dans le coup. Deuxième au général, à quelques minutes du leader, avec la sensation qu’il tenait enfin son Dakar après tant d’années à passer à côté. Puis Saood Variawa a pris la tête pendant quelques secondes symboliques dans cette étape, et Loeb a commencé à perdre des minutes. Pas énormes, mais assez pour installer le doute.

Le lendemain, la 9e étape a fait basculer le tout. Perte sèche, chrono catastrophique, position au général qui dégringole. Sur le moment, on pensait que c’était plié pour l’Alsacien. Sauf que ce Dakar n’avait pas fini de retourner tout le monde.

Dakar 2026 Loeb,

Dacia, la surprise qui n’en est pas vraiment une

Voir Dacia gagner un Dakar, il y a deux ans on aurait rigolé. Sauf que la marque a mis les moyens, débauché les bons profils, et surtout construit une voiture qui semble parfaitement adaptée aux nouveaux règlements. Le Sandrider, développé avec l’aide de Prodrive, avait déjà montré des choses en 2025, mais là on parle d’un doublé au classement final.

Loeb et Al-Attiyah, malgré les galipettes de milieu de rallye, ont fini par porter la marque roumaine tout en haut. Un sacre collectif, une histoire industrielle qui devient une histoire sportive, et un signal envoyé à Toyota et Ford : le championnat W2RC ne sera pas une promenade de santé.

Pourquoi le Dakar reste unique

On peut aimer la F1, le WRC, le MotoGP. Mais aucune de ces disciplines ne propose ce que le Dakar propose : deux semaines de course, des amateurs qui roulent au milieu de pilotes officiels, des motos qui traversent les mêmes dunes que les camions, des bivouacs où tout ce petit monde se croise le soir. C’est un objet sportif à part, un peu bordélique, et c’est justement ce qui fait son charme.

Ce côté imprévisible plaît d’ailleurs aux parieurs, qui suivent l’épreuve étape par étape et ajustent leurs pronostics en direct — un peu comme quand on suit les tables en live de Dublinbet avec un œil sur les cartes et l’autre sur le chrono. Le Dakar, c’est ce genre de tension permanente où rien n’est joué avant la dernière liaison.

Et puis il y a le facteur humain. Peterhansel qui raconte, entre deux étapes, qu’il pense sérieusement à raccrocher (on l’entend dire ça depuis dix ans cela dit). Al-Attiyah qui débarque toujours à l’arrivée en shorts et lunettes de soleil comme s’il rentrait de la plage. Loeb qui affiche la même moue concentrée qu’à ses premiers rallyes en Citroën Xsara. Cette galerie de personnages, c’est aussi ça qui fait revenir les fans chaque janvier, tout comme les résultats financiers en progression des opérateurs de paris qui misent sur l’événement pour attirer de nouveaux parieurs.

La suite, elle se joue déjà

Avec un plateau qui monte en qualité chaque année, la question devient : qui peut battre Dacia en 2027 ? Toyota va forcément réagir, Ford aussi (leur Raptor a montré des progrès nets sur la fin de saison), et il ne faut pas oublier les outsiders qui viennent grignoter les places d’honneur.

Une chose est sûre : le duel Loeb/Al-Attiyah au sein d’une même écurie a de quoi devenir la meilleure série sportive des prochaines années. Deux pilotes de ce calibre dans le même stand, ça finit rarement de manière consensuelle.

Reste à voir si le tracé 2027 sera encore plus corsé. Vu la tendance des dernières éditions, on peut parier que oui. Et vu ce qu’on a vu cette année dans les dunes de l’Empty Quarter, difficile d’imaginer qu’on fasse plus spectaculaire. Mais bon, on avait dit la même chose l’an dernier.